Depuis l’investiture de Donald Trump à la Maison-Blanche, les relations entre les États-Unis et l’Europe (en particulier l’Union européenne) se sont dégradées. Ainsi, beaucoup remettent en cause la dépendance des pays européens aux États-Unis, notamment en matières de défense et de numérique.
Nous sommes alors en droit de nous demander, un web européen est-il possible ?
Tout d’abord, d’un point de vue infrastructure, l’Europe est loin d’être en retard puisque nous disposons de grands acteurs tels qu’OVH, IONOS ou ScaleWay qui proposent des solutions d’hébergement similaires à celles de Google ou Amazon (AWS). Cependant, aux niveaux des infrastructures internationales, les États-Unis ont un léger avantage, puisqu’ils contrôlent une grande partie des câbles sous-marins permettant de relier les différents continents à Internet. Sachant qu’en 2013, environ 99 % du trafic intercontinental, données et téléphone, étaient transmis sous les océans.
Toutefois, l’infrastructure n’est pas le plus important pour le web, c’est plutôt le logiciel qui en fait tout l’intérêt, et sur ce point les États-Unis ont une certaine hégémonie qui n’est pas irrémédiable. En effet, la plupart des sites, logiciels, apps que nous utilisons sont américains : Google, Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp), Microsoft (Windows, Word/PowerPoint, etc.), ChatGPT… Cela peut s’expliquer par le fait que les États-Unis étaient précurseurs dans les années 90’s, puisque ce sont eux qui ont inventé Internet (même si en France, nous avions le Minitel). Ainsi, les entreprises de la tech sont historiquement américaines.
Aujourd’hui, le paysage numérique a bien évolué, et de nombreuses alternatives européennes permettent de se libérer de notre dépendance aux États-Unis. C’est le cas notamment de l’entreprise Proton (Suisse), qui propose un écosystème complet (Cloud, e-mail, VPN, gestionnaire de mot de passe, etc.) en faisant une alternative solide à Google Workspace par exemple. De plus, ces entreprises (telles que Proton, Tuta, Qwant…), proposent une politique de confidentialité bien meilleure que celle des entreprises états-uniennes, garantissant la protection de vos données personnelles.
Sur l’IA, l’Europe n’est pas non plus en reste avec le « champion français », Mistral AI, qui concurrence les géants américains (OpenAI, Google…) et chinois (DeepSeek, Qwen…).
En revanche, côté systèmes d’exploitation (OS), l’Europe est plutôt en retard… Les États-Unis dominent largement le marché, puisque Windows (Microsoft) représente 73 % de part de marché sur les PC, suivie par Mac OS (Apple) avec 15 % de part de marché, tandis que sur les smartphones, Android (Google) représente 71 % de part de marché, suivie par iOS (Apple), avec 21 % de part de marché. On peut tout de même noter la création récente de EU OS, un système d’exploitation européen (basé sur Linux) à destination des administrations des pays européens.
En conclusion, un web européen est possible : de nombreuses alternatives aux services états-uniens existent, mais il faut les soutenir pour qu’elles puissent se développer, et qui sait ? Peut-être que le prochain GAFAM sera européen…
Sources :
Peut-on boycotter la tech américaine ?
Wary of US surveillance Try these European alternatives to Big Tech
Proton
European Alternatives
Wikipédia
Parts de marché des systèmes d’exploitation en 2025 (France & monde)

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