Quel est le rôle du journalisme dans la transition écologique en France ?

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Le journaliste comme relais de la transition écologique

Dans son rôle d’informateur de la population et d’orienteur du débat public, le journaliste a un rôle majeur a joué dans la résolution de la crise climatique. Ainsi, il se fait d’abord le relai des catastrophes naturelles et des atteintes à la santé humaine. Il est également le relayeur des politiques environnementales mises en place par les pouvoirs publics (gouvernement, UE) à travers la couverture de sommets internationaux, comme la COP21 par exemple. Enfin, le journaliste vulgarise les publications scientifiques, comme le rapport du GIEC, afin de les rendre accessibles au plus grand nombre. L’Alliance de la presse (dont font partie la plupart des journaux, tel que LeMonde ou Libération) nous indique que le thème de transition écologique gagne en puissance, puisqu’en 2011 elle recensait 9 300 papiers faisant référence à la transition écologique, contre 26 340 en 2020, soit une hausse de 183 %. De plus, la naissance de projets, comme Grosse Semaine ou Reporterre (média écologiste), prouve que le thème de la transition écologique est un véritable enjeu contemporain dont s’emparent les journalistes. Le journalisme n’informe alors pas seulement sur le changement climatique, mais donne aussi des clés pour avancer dans la transition écologique.

Une mobilisation insuffisante face à l’enjeu environnemental

Toutefois, la présence médiatique de la question climatique reste insuffisante face à l’enjeu. En effet, selon l’Observatoire des médias sur l’écologie (OMÉ), 3,7 % du temps d’antenne est consacré aux enjeux environnementaux dans les programmes d’information des médias audiovisuels français (télévision et radio) en 2024, soit une baisse de 30 % par rapport à 2023. Pourtant, le rapport du GIEC est sans appel : « Les médias jouent un rôle crucial dans la formation des perceptions, de la compréhension et de la volonté du public à agir vis-à-vis du changement climatique » (page 2516). Ainsi, il ne faut pas oublier que le travail journalistique n’est pas neutre, si certains médias se spécialisent sur la question environnementale comme Reporterre (lancé en 2007), d’autres tentent de la décrédibiliser comme peut le faire CNews (en témoignent les sanctions de l’Arcom pour désinformation climatique non contredite, à l’égard de CNews et Sud Radio).

De plus, si les articles sur la transition écologique sont de plus en plus nombreux, ils ne font bien souvent pas référence à l’enjeu environnemental en lui-même, mais bien à ses conséquences sur la santé/vie humaine (les catastrophes naturelles, maladie, lié à la pollution, crise de l’eau potable). Témoignant d’un anthropocentrisme quant à la crise environnementale globale, oubliant la question de la biodiversité (extinction d’espèces) et des ressources naturelles (déforestation, etc.). En effet, selon l’OMÉ, seulement 2 % du temps d’antenne est consacré à la crise de la biodiversité et 1 % à la crise des ressources naturelles, contre 3 % pour la crise climatique, qui est plus concrète pour la plupart des gens (canicules, catastrophes naturelles). On voit également que les médias (audiovisuels) traitent davantage les conséquences de la crise environnementale, plutôt que les solutions pour y remédier. Cela a tendance à favoriser de l’anxiété (on peut parler d’écoanxiété) ou du déni et donc de l’inaction, tandis que présenter des solutions favoriserait davantage les initiatives et la mobilisation en faveur de l’écologie.

Il est alors du devoir des journalistes et des rédactions/médias de mettre la lumière sur la crise environnementale, étant donné l’ampleur et la globalité du problème, mais aussi les solutions pour la résoudre. Cela peut se faire à travers la promotion de projets, d’associations, d’entreprises écoresponsables… Les journalistes ont aussi besoin d’être formés pour traiter les informations liées à la crise environnementale (rapport scientifique, fake news), et de développer des contacts plus étroits avec le monde scientifique qui l’étudie. Malgré le contexte économique compliqué pour les médias, les régies publicitaires doivent également limiter, voir supprimer, les publicités promouvant des produits ou des entreprises polluantes, comme le recommande Pour un réveil écologique.


Sources :

La Transition écologique dans la presse française – Alliance de la presse (2022)

La transition écologique a-t-elle bonne presse dans les médias ? – Pour un réveil écologique (2023)

Observatoire des Médias sur l’Écologie

QuotaClimat (2025)

Eco-anxiété : quand les changements climatiques impactent la santé mentale – Unric.org


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