À l’heure où la bulle de l’IA menace d’éclater, pour une technologie toujours plus consommatrice en eau et en électricité, une solution subsiste peut-être… L’IA locale, qui fonctionne directement sur la machine de l’utilisateur !
Depuis 2022 et l’arrivée de ChatGPT, seule l’intelligence artificielle semble convaincre dans le monde de la tech, au point de créer une bulle spéculative où les fournisseurs, comme Microsoft ou Nvidia investissent dans leurs propres clients, pour leur permettre d’acheter leurs puces et leurs services informatiques. Le marché est ainsi en train de s’endetter jusqu’à 3 000 milliards de dollars, autour de l’idée d’une « intelligence artificielle générale », dont on ne sait même pas si elle est réalisable.
À l’inverse, le coût écologique de l’IA est, lui, bien connu : l’entraînement de modèles comme celui de GPT-3, rejette 284 000 kg de CO2 et nécessite 700 000 litres d’eau. À l’usage, cette technologie est tout aussi énergivore, car l’alimentation en continu de gigantesques data centers, consomme électricité et eau (0,5 L par requête à ChatGPT). Cela entraîne de fortes tensions entre les riverains de zones arides et les GAFAM, qui installent leurs data centers dans des zones déjà en situation de stress hydrique, comme dans l’Aragon, région située au nord de l’Espagne ou en Arizona, région étasunienne, provoquant pénuries et sécheresses.
Si la piste de l’IA générative dans le cloud est privilégiée par de nombreux acteurs, comme Microsoft ou Google, elle ne fait pas l’unanimité ! Apple et Samsung misent sur une IA locale (on-device), permettant de respecter la vie privée des utilisateurs et d’accéder à ces fonctions intelligentes hors connexion. Cela permettrait de réduire de 25 à 40 % la consommation électrique, de 60 à 90 % la consommation d’eau, et de 50 à plus de 90 % l’empreinte carbone de l’IA.
Bien que l’utilisation d’une IA en locale, nécessite des appareils puissants et récents, elle permet aussi d’« économiser de la bande passante sur les réseaux et aident à délester les infrastructures informatiques de calculs énergivores », selon Thomas PONTIROLI (Les Échos). L’IA locale présente également un avantage économique, puisqu’elle ne nécessite pas d’abonnement : une fois installée, l’utilisateur peut en jouir à sa guise !
En somme, l’IA locale redonne véritablement le pouvoir à l’utilisateur : il peut choisir un modèle adapté à ses besoins, gérer la consommation électrique qui y est liée, tout en gardant ses données privées. C’est une solution écologique, économique et privée !
Sources :
Corteel, M. (2025). Sortir l’IA des nuages Vers une utilisation locale des IA LLM. Multitudes, 23-27.
Pontiroli, T. (2025). Cette révolution silencieuse de l’IA qui pourrait bouleverser l’industrie du smartphone. Les Échos.
M, M. (2025). La soif des data centers assèche des villes entières aux États-Unis. Génération NT.
Leparmentier, A. (2025). IA : la folle course des géants américains de la tech. Le Monde.

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